Je vous conseille vivement la lecture du magazine Terra Eco Hors Série de Octobre - Novembre 2012, sur la ville de demain.
"Comment vivrons nous dans nos villes en 2050", soit 90 pages d'articles très bien faits, clairs et expliquant ce que sera la ville de nos rêves.
Pour en avoir souvent parlé sur ce blog, Paris Région Lab, l'exemple par excellence d'un living lab sur la ville de demain ou encore c'est quoi une ville de la connaissance, les enjeux pour nous citoyens de cette ville "rêvée" de demain sont essentiels voire indispensables : que mangerons nous? (à voir l'infographie "que mangent nos villes? p.50 du magazine) ou celle sur la ville invisible qui met en lumière les impacts environnementaux et sociaux de la ville de New York.
Ce qui m'a le plus intéressé, c'est l'infographie sur "la ville intelligente" selon Terra Eco et l'Ademe.
Rappelons que "ville intelligente" également appelée "smart city" est un concept sur le développement urbain apte à faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social qu'environnemental. Une ville peut être qualifiée d’intelligente quand les investissements en capitaux humains, sociaux, en infrastructures de communication traditionnelle (transports) et moderne (NTIC) alimentent un développement économique durable ainsi qu’une qualité de vie élevée, avec une gestion avisée des ressources naturelles, et ce à travers une gouvernance participative (source Wikipédia).
Cette ville ne relève pas totalement de l'imaginaire. Des expérimentations sont en cours dans le monde entier pour tester et parfois améliorer ou adapter les services que nous pourrons utiliser demain dans nos villes.
De la prévision de trafic multimodal (qui permettra à chacun de choisir le moyen de transport qui nous satisfait au mieux en temps réel et qui peut associer la multi modalité - je pars en voiture jusqu'à un point A puis je prend le métro et je termine en vélo par exemple) testée aujourd'hui sur le Grand Lyon à la diminution significative de nos factures énergétiques grâce aux matériaux et aménagements urbains le permettant, ces services et solutions apporteront de vrais services et amélioreront notre quotidien.
Mais comme le rappelle Daniel Kaplan (FING), dans l'article "Ta ville, trop smart pour toi", la "ville intelligente" se propose aujourd'hui comme une solution miracle capable de produire une ville plus sûre, plus attractive, mieux gérée et plus durable.
Comment le citoyen peut-il alors s'y retrouver?
Dans un environnement économique et social aussi complexe, le citoyen doit être pris en tant que tel et non en tant que consommateur. Que va lui apporter ces informations en temps réel? Quels services va t-on lui proposer pour lui améliorer son quotidien?
"On pourrait alors demander à la ville intelligente d’être une ville qui distribue l’information, les moyens de la mettre en contexte et les outils pour agir. C’est un vrai choix, exigeant. Il ne suffit pas, par exemple, de rendre compte, ou de consulter ; ni, d’ailleurs, d’ouvrir l’accès aux “données publiques” comme le font un nombre croissant de villes. Si l’on confond ce nécessaire point de départ avec l’objectif, on risque simplement de donner plus de pouvoir à ceux qui le détiennent déjà. Ainsi, aux Etats-Unis, les gestionnaires de parcs immobiliers locatifs exploitent-ils ces données pour maximiser le loyer qu’ils réclament, alors que les candidats à la location ne disposent évidemment ni des mêmes moyens d’analyse, ni du même pouvoir de négociation.
Il faut donc vouloir que la ville outillée numériquement distribue l’information et le pouvoir, et agir en ce sens : ouvrir les données, mais aussi des interfaces de programmation sur certains logiciels du territoire (calcul de droits, cartographie…) ; mettre en place des outils, des représentations, des index, etc., pour faciliter l’usage de ces ressources par des acteurs non spécialisés ; former ces acteurs non spécialisés pour les aider à monter en puissance ; ouvrir des espaces de rencontre, de coproduction, d’entraide et de mise en visibilité des actions outillées par les outils numériques. Bref, éclater le fameux “centre d’opérations intelligent” partout dans la ville…"
Sans oublier aussi l'essentiel : vouloir développer des services connectés nécessitent un réseau de très haute qualité. Ce qui semble aujourd'hui être encore un rêve. Si l'on reprend l'exemple du schéma de Terra Eco "Bienvenue dans la ville intelligente", l'automobile connectée et les parkings intelligents, certaines expérimentations ont échoué ou tardé à être développé puisque le réseau téléphonique et 3G dans les souterrains des parkings n'était pas effectif. De quoi laisser encore quelques années devant nous pour entrer dans "la smart city".
Pour aller plus loin :
- Magazine Terra Eco hors série en partenariat avec l'ADEME (PDF): cliquez ici
- Ta ville, trop smart pour toi, Daniel Kaplan : cliquez ici
- C'est quoi une ville de la connaissance : cliquez ici
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