Hier, comme je vous en avais fait part en ce début de semaine, j'étais sur le salon Planète PME. Un salon très intéressant avec quelques réserves quant au réel bénéfice quand on est une petite PME : beaucoup d'étudiants étaient venus pour comprendre les voies de leur développement professionnel de demain (contrat de professionnalisation, alternance...) ainsi que des espaces de Job Dating.
Ce qui est une évidence c'est que le thème principal de cette édition était "La COMPETITIVITE de nos PME Françaises" : comment l'atteindre, quelles solutions et quelles mesures prendre ? Pour répondre à cette question des moins complexes, des représentants du gouvernement étaient présents : Xavier Bertrand, Christine Lagarde ou le secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Pierre Lellouche entre autres.
Avant de suivre l'une des conférences de la journée sur le thème : "International : où et comment aller chercher la croissance en 2012", vaste sujet, je me suis promenée dans les allées pour aller à la rencontre des exposants et découvrir ce qu'ils proposaient.
Je suis alors tombée sur un stand d'une entreprise (dont je tairais le nom même si inconnue au bataillon) qui m'aborde. Je vous décris cette conversation, qui n'a pour intérêt que de devenir un très contre exemple d'un démarchage sur salon :
- Commercial de la société de Consulting : " Bonjour Mademoiselle, que faites vous dans la vie?"
- "Je suis consultante"
- lui : "Consultante en quoi s'il vous plaît"
- "En Nouvelles technologies" (ce qui je vous l'accorde ne signifie absolument rien :-) )
- lui : " Consultante en TIC, alors vous devez travailler ou prévoir de travailler en Chine !?"
- "Non, ce n'est pas à l'ordre du jour!"
- son collègue : "rire étouffé : pfff, vous avez raison c'est un pays beaucoup trop intéressant. J'imagine que vous serez prête à y aller vers 2040 quand les autres l'auront déjà fait!!!!! petit rire étouffé qui continue"
- "et d'une, nous sommes déjà sur le Maroc et l'Italie, ce qui pour une société de 20 personnes me semble déjà convenable et de deux, vous ne vous adressez pas à la bonne personne, n'étant pas directement impliquée dans la stratégie d'exportation de ma PME"
- le collègue : "pfffffff, nous on est 26 personnes et on doit être implantés dans 20 pays je pense " (air supérieur)
Je décide de tourner le dos à ce jeune homme qui me fait une démonstration de tout ce que je déteste chez un être humain et termine la conversation avec le commercial ou consultant avec lequel j'avais entamé la discussion. Il m'explique que sa société est spécialisée dans l'accompagnement de PME qui souhaitent s'implanter à l'étranger et qu'en ce qui concerne la Chine ils sont très forts et peuvent accompagner sur l'ensemble des démarches. Je le remercie, m'apprête à partir et me retourne vers son collègue et lui dit : "Monsieur, si je peux me permettre de vous faire une petite remarque.... changez d'attitude pour le reste de votre journée de salon si vous souhaitez rentabiliser votre stand; cette attitude n'est absolument pas la bonne. Vous vous moquez d'une stratégie d'une PME, pour qui ce n'est pas forcément simple de prendre ce genre de décisions".
Il me répond : " Non, mais c'était pour rire et de toute façon je savais bien que je ne vous vendrais rien!"
Et je conclus cette histoire en lui apprenant que justement, s'il attend que le client vienne le voir pour lui dire qu'il souhaite aller en Chine et qu'il a besoin de ses services alors ce sera une chance mais que son métier c'est de discuter, échanger avec des entrepreneurs sur l'opportunité d'aller aujourd'hui en Chine et que certains freins peuvent être contournés par un accompagnement sur le terrain avec une société comme la leur qui a le savoir-faire.
Cet épisode clos (que je me suis permise de vous conter puisque certains m'ont demandé de traiter du thème de la communication des entrepreneurs et à défaut de vous dire ce qu'il faut faire, cette histoire est très révélatrice de ce qu'il ne faut absolument pas reproduire), je suis fin prête à écouter le discours de Pierre Lellouche.
Un discours, même si un peu politisé, très enrichissant puisque j'ai compris tout l'enjeu de la compétitivité de nos entreprises et donc de l'emploi de demain. Je vais vous en donner les grandes lignes.
Malgré une croissance plus satisfaisante que le reste de l'Europe, avec 2.2 points, la France est dans une situation difficile. L'emploi est l'enjeu premier sur lequel le pays doit se concentrer et la seule et unique façon de créer de l'emploi est d'exporter (en effet, avec 2.2 points de croissance, le pays ne peut créer de l'emploi). Il faut donc aller chercher l'emploi là où il y a de la croissance bien supérieure à l'instar de l'Afrique (en moyenne 5%), l'Asie (entre 9 et 15%) ou encore la Turquie (9% de croissance).
Encore une fois, l'Allemagne est un exemple pour la France puisqu'avec 3.6 points de croissance, 1/3 provient de l'exportation et le chômage atteint 7% quand en France il s'élève à 9%.
Un chiffre est particulièrement significatif : pour 10 milliards d'exportation, un pays crée 25 000 emplois en 1 an et 35 000 sur 2 ans. La preuve, en 2010 la France a exporté pour 47 milliards d'€ qui a permis de créer 120 000 emplois.
MAIS le problème réside dans l'accès des PME d'exporter!!!
Le plan Export sur lequel travaille P. Lellouche repose sur 3 volets :
1, La négociation des normes internationales : libre échange, éviter les dumpings sociaux, réciprocité dans l'accès aux marchés publics, protection de nos marques (contrefaçon).
2, L'exportation de grands contrats : centrales nucléaires, transport, espace, aéronautique, armement ... pour lesquels souvent les grands groupes sont en mesure de répondre (ou par le biais des pôles de compétitivité mondiaux ou à vocation mondiale, voir l'article écrit sur les pôles). Mais cette exportation ne crée pas autant d'emplois que prévu puisque les grands groupes sous traitent dans le pays directement.
3. Le volet PME
3.1. Création UBIFRANCE par Christine Lagarde.
La mission d'UBIFRANCE est d' accompagner les entreprises françaises dans leur démarche à l'export, selon leurs besoins et leur profil, depuis le diagnostic export complet jusqu'à l'exécution des projets sur les marchés étrangers. Grâce à un réseau de femmes et d’hommes en France et dans le monde UBIFRANCE accompagne les exportateurs sur les marchés internationaux.
En bref, UBIFRANCE commercialise les offres françaises dans le monde.
3.2. Un travail est réalisé actuellement avec les ambassades pour qu'elles deviennent à leur tour des commerciaux des offres françaises
3.3. Une mutualisation des Chambres de Commerce (CCI) est à venir
3.4. Et les REGIONS avec les CCI, les Conseils Régionaux pour comprendre les besoins puisque les PME n'ont ni le temps ni les moyens de s'organiser pour aller à l'international.
L'enjeu pour toutes les PME (et particulièrement les plus petites, démunies de temps et surtout de moyens) est d'avoir accès à l'information. En effet, des centaines d'aides existent déjà mais sont peu utilisées.
Cette volonté de partager l'information, la rendre accessible voit le jour peu à peu; OSEO, la Coface et Ubifrance ont aujourd'hui un catalogue commun et le souhait de se réunir dans des antennes locales communes où tout entrepreneur pourra venir s'informer sur un lieu unique sur toutes les démarches et aides possibles. Aujourd'hui, seule la ville de Lille offre cette opportunité.
Et vous, exportez vous déjà? et si oui, dans quel pays? Quels sont les freins que vous avez connus? De quelles aides avez vous bénéficié?
Je serai très intéressée d'en savoir plus sur votre démarche alors partagez nous votre expérience!
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