En lisant la gazette du Nord Pas de Calais, hebdomadaire économique régional, (édition du 5 au 11 mai 2012), j’apprends que l’Eurométropole (i.e. territoire transfrontalier franco belge de 3550 km2 et plus de 2 millions d’habitants) travaille à l’émergence d’espaces urbains où je, moi citoyenne, pourrais accéder quotidiennement, n’importe où et n’importe quand, à de multiples services, tout en interagissant par le biais de mon Smartphone.
Cette initiative assimilée au terme de « ville intelligente » ou « smart city », concept qui désigne un « type de développement urbain apte à faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social qu'environnemental » selon la définition de Wikipédia. Une ville dite intelligente est une ville qui investi dans les transports, dans l’énergie, dans le développement, l’éducation, la santé ou la sécurité dans le but d’offrir une qualité de vie plus élevée, dans un souci de gouvernance participative. Une voie innovante visant à utiliser les NTIC pour dynamiser et faire évoluer la ville, lui permettre de durer tout en vivant avec son temps, ses diversités, ses hommes (Définition donnée dans l'article suivant : http://pullthetriggers.com/blog/smart-cities/ )
Si la ville devient intelligente, c’est aussi parce que le citoyen est « connecté en permanence ce qui lui permet d’interagir avec les services publics et dont la conscience citoyenne ira croissante » selon Bruno Schröder, en charge des technologies chez Microsoft en Belgique et Luxembourg.
A Londres par exemple, les citoyens peuvent signaler à tout moment des dommages environnementaux aux pouvoirs publics via une application installée sur leur téléphone et l’envoi d’une photo pour constater le dommage. Ils seront alors prévenus des suites de cette déclaration.
Chaque ville détermine ses priorités vers lesquelles se tourner en mettant en place les services nécessaires.
Les problèmes énergétiques (menace de l’épuisement des ressources) par exemple poussent les villes à évoluer, se développer autrement avec des stratégies urbaines nouvelles. L’utilisation croissante des réseaux sociaux, think tanks et pôles de compétitivité amènent les acteurs à travailler de manière plus concertée et partagée… L’ensemble de ces challenges liés aux nouveaux usages et innovations technologiques poussent à (re)construire et (re)penser les villes de manière plus durable, plus intelligente (« smart »), plus créative…
En 2011, le cabinet américain ABI Research publiait ses conclusions sur le marché grandissant des projets de villes « intelligentes ». D’ici 2016, 116 milliards de dollars devraient être investis dans des applications telles que les réseaux sans fil municipaux, les initiatives de gouvernement électronique, les systèmes de transports publics intelligents, les dispositifs de recyclage des déchets, et les efforts de réduction d’impact d’environnemental.
En réalité, les équipements urbains permettant de mettre en place ces services existent déjà : capteurs, caméras de télésurveillance, thermomètres, réseaux Wi-Fi, smartphones, satellites, puces, cartes multiservices (comme Navigo en région parisienne), écrans publics, QR-Codes, portails d’information municipaux, cartes enrichies de commentaires… la ville est déjà numérique.
Mais si ces technologies sont déjà présentes, ce sont les usages qui restent à définir : en effet nombreux experts ont démontré que la réelle innovation dans les villes se trouvaient dans leur relation avec les citoyens. La collectivité se construit et évolue avec ses habitants où ils inventent des services nouveaux à travers de nouvelles pratiques sociales. « L’urbanisme 2.0, c’est la vision d’une ville qui se fait avec ses habitants et avec des outils, numériques ou non » (cité par C. de Francqueville, « Urbanisme 2.0 ? », Urbanisme, février 2011).
L’avenir des villes intelligentes est aussi dans les usages
Comme nous l’avons vu la plupart des technologies existent. Les villes sont prêtes à investir dans la mise en place d’applications pour les citoyens. L’ouverture des données publiques a pour objectif de développer de nouveaux services aux habitants.
Les français sont de plus en plus connectés mais les usages ne sont pas les mêmes. Il demeure à ce niveau des différences majeures qui traduisent le retard dans la mise en place de services. Si seuls les « connectés » voire « interconnectés » peuvent échanger et participer dans la vie de leur collectivité, l’expression de la population ne sera donc pas représentative. Pour éviter que les remontées d’informations, de données soient erronées (puisque non représentatif de la population) il convient de former, sensibiliser davantage les citoyens. Le risque existe donc de ne viser qu’un citoyen idéalisé – un citoyen virtuel, au double sens du mot. Il devient donc nécessaire voire indispensable aux pouvoirs publics de permettre aux français de s’approprier ces nouveaux usages.
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